vendredi 6 novembre 2009

Sawndterview N° 10... Simon Istolainen - co-fondateur de MyMajorCompany & Peopleforcinema


Simon Istolainen
Comme je le disais il y a peu, je livre ici mes derniers posts, épuisant mon stock d'idées, d'interviews et et de notes plus ou moins élaborées que j'avais laissé à droite et à gauche. Au plus, si je trouve le courage de tout mettre en forme (pas évident ces jours-ci), il me reste 12 papiers à poster. J'espère donc vraiment que vous avez eu du plaisir à me lire. Quelqu'un prendra la relève et je suis sûr que le ton qu'il donnera à ce blog sera au moins aussi intéressant. Aujourd'hui, un petit interview de Simon Istolainen, l'un des fondateurs de la société. Ce qui est amusant c'est que Simon travaille sur le développement du même concept, mais cette fois-ci appliqué au ciné : peopleforcinema

J'aime beaucoup MyMajorCompany car ils ont un modèle basé sur le User Creative Content, à l'instar de Eyeka, et prochainement mxp4 (mini scoop).  L'idée qui prévaut derrière cette appélation somme toute barbare d'UCC est que il y a un potentiel de créativité presque ilimité, accessible via internet.  Eyeka fait réalise des opérations de marketing en s'appuyant sur une communa
uté de près de 70,000 auteurs (video, photos, créateur de publicité, etc.), Mxp4 veut faire exploser la créativité et la qualité musicale au travers du même principe et MyMajorsCompany détecte de nouveaux artistes, qu'elle produit, via internet... 



Coté CV, Simon fait partie de cette petite communauté d'entrepreneurs plutôt jeunes et assez brillants -à l'instar de Jonathan Benassaya et d'autres à venir-. Après des études plutôt littéraires, EHESS et Sorbone, il travaille quelque temps au développement du magazine de MK2, puis fait un peu de pub, avant d'être le premier CEO de MyMajorCompany.



Simon, tu peux nous donner ton sentiment général sur l'UUC?

Grâce à Internet, il y a eu délinéarisation des offres créatives avec démocratisation des moyens de production et de diffusion. Le risque majeur qui se terre dans cette inflation de l'offre (musicale, littéraire - blog, vidéo...) c'est la banalisation du contenu culturel et le nivellement vers le bas. Ce qui doit prédominer à mes yeux à partir de maintenant est le facteur éditorialisation, la hiérarchie nécessaire entre les contenus. Sortir du "tout le monde peut tout faire" pour faire émerger les talents dans ce tohubohu créatif. La force d'Eyeka et aussi de Mymajorcompany c'est justement d'intervenir dans l'éditorialisation des contenus et de créer cette hiérarchie nécessaire entre les auteurs.


Appliqué à la musique ça peut prendre plusieurs formes non? Lesquels?

Le principal risque dans l'industrie musicale est qu'il s'agit d'un marché reposant sur la rareté, en tout cas pour les 20% d'artistes qui , schématiquement, cannibalisent la majorité du marché. Le UCC peut constituer un leurre s'il ne permet pas aux jeunes talents de produire dans les meilleures conditions leur musique. C'est ainsi que mymajor permet à la fois d'offrir une tribune à ces nouveaux artistes tout en garantissant, dans les conditions les plus professionnelles qui soient (distribution major, promo tv radio presse web...), un développement de qualité avec le financement des internautes. C'est cette notion de financement qui donne du sens à ce UCC.
Dans d'autres cas, cela revêt la forme d'un UCC pur, sur des plateformes comme jamendo ou myspace où tout un chacun peut déposer ses titres et faire voir ses créations. Il s'agit d'un modèle plus classique de diffusion des contenus rendu possible par le media internet, sans l'appareillage professionnel que nous proposons dans Mymajorcompany.


On décrit Internet comme un produit qui réduit la qualité musicale. Est-ce qu'il y a du vrai là dedans?

C'est effectivement un des écueils de ce media tel qu'on le perçoit et le prend en main aujourd'hui. Les webradios et sites de streaming, qui sont l'avenir de la musique sur internet à mes yeux, ne sont paradoxalement pas utiles pour aider les talents à exister et produire leur musique dans des conditions professionnelles. On tend à privilégier la diffusion des contenus au détriment de leur financement et leur fabrication. Nous avons voulu avec mymajor réconcilier internet et création tout simplement en finançant la production directement avec les fans et proches des artistes. Car aujourd'hui, et c'est un secret de polichinelle, la diffusion de musique sur internet n'est pas rémunératrice pour les artistes.

Autre risque lié à internet : le phénomène de buzz. On se rend compte bien souvent que le buzz repose sur des ingrédients clefs : outrance, humour potache, irrévérence, familiarités...Et les artistes qui émergent dans ce bouillonnement (kamini, koxie...) sont souvent des "one shot" et non des artistes à carrière. C'est un des pièges de l'industrie du buzz.


Tu crois qu'on va continuer à acheter de la musique dans dix ans?

Je pense que le modèle qui tend à s'imposer dans les années qui viennent est celui de l'abonnement avec accès à un catalogue illimité de titres en streaming. C'est absolument conforme aux attentes des e-consommateurs que nous devenons : portabilité, disponibilité, infinité de contenus, expérience technologique, délinéarisation de la consommation de contenus...
Une question évidente se pose aujourd'hui, qui remettra en cause une perception "ancestrale" du marché de la musique enregistrée : pourquoi posséder la musique si je peux la streamer où je veux quand je veux et sans limitation ? La musique deviendra un flux, un catalogue accessible online et non plus une propriété. Cette notion de propriété va disparaitre je pense. Des sociétés comme Deezer ou Spotify l'ont déjà compris et je pense qu'ils tiendront le haut du pavé dans les années qui viennent.


Tu peux nous rappeler les grands chiffres de MMC?

16 artistes produits sur la plateforme par des milliers d'internautes. 2 albums commercialisés dont Grégoire, meilleure vente française de l'année 2008 (près de 700 000 albums écoulés). A l'heure actuelle près de 1800 artistes attendent de récolter les 100 000 euros requis pour entrer en studio.


A part signer sur MMC, tu ferais quoi si tu étais un musicien, pour réussir?

Je me constituerai une base de fans via le live et je tenterai de me faire connaître via des synchros pubs ou cinéma. C'est un bon moyen alternatif de gagner en notoriété.


Quels sont les musiciens (à part ceux sur MMC of course) qui te semblent les plus innovants en ce moment?

Je suis assez intéressé par la démarche d'artistes comme Radiohead bien sûr, qui ont été précurseurs dans la réflexion sur les nouveaux modes de consommation de la musique, même si je persiste à dire qu'ils ont pu le faire uniquement grâce à leur notoriété déjà acquise.


Quels sont les start up qui t'intéressent le plus sur internet?

- Spotify et Deezer dans la musique (outre mymajorcompany ;)
- Le crowdfunding sous toutes ses formes (clubs de foot, cinéma, littérature...)
- Les nouveaux medias (Rue89, Slate, Mediapart, Bakchich)


Tes sites préférés?

Mon triptyque quotidien : google (et toute la galaxie qui l'entoure), facebook, lemonde.fr
Cela concentre tous mes besoins : travailler, m'informer, partager avec mes amis.
Après je suis assez linké à la blogosphère : fubiz, lejournaldugeek, thomas clément, techcrunch, intruders, musiquedeuxpoint0...


Tu nous parles un peu de people for Cinema?

Imaginé par moi même et Serge Hayat (Sofica Cinémage 1 à 5) , www.peopleforcinema.com est un site de financement participatif des films qui donne le premier rôle aux internautes dans le cinéma. A partir de 20 €, tout le monde peut désormais participer à la sortie de grands films bientôt à l’affiche.
E-investisseurs, les internautes peuvent ainsi non seulement connaître un retour rapide sur investissement mais aussi bénéficier de privilèges exclusifs (découverte des coulisses des films, participation au lancement d’un long-métrage, invitations projections privées etc) tout en participant à la promotion d’une œuvre.Nous lançons ce projet en novembre en partenariat avec allociné et, côté distributeur, nous discutons avec Mars Distribution (Welcome, La première étoile, Paris de Klapisch, Le Coach...), StudioCanal, EuropaCorp et Wild Bunch (Le petit nicolas, Le Che...) Notre catalogue de films sera dévoilé prochainement mais je peux vous garantir qu'il y aura de très belles références...



Wow, ça a l'air plutôt prometteur... Bonne chance Simon ! 




1 commentaires:

Anonyme a dit…

phone number lookup

Enregistrer un commentaire