lundi 31 mai 2010

Spectacle vivant... Sur la même pente que l'industrie de la musique?

C'est un lieu commun de dire que le secteur du spectacle vivant se porte au mieux tandis que l'industrie du disque connait l'enfer depuis dix ans. Il est vrai qu'avec un chiffre d'affaire qui n'a cessé de progresser ces vingt dernières années, le monde du live se porte effectivement plutôt bien. Avec 450 millions de chiffre d'affaire en France -en ne comptant en fait que les très grandes salles- ce secteur représente un peu moins que l'ensemble de l'industrie du disque. 
La rentabilité n'en reste pas moins faible. Les chiffres consolidés ne sont pas malheureusement pas connus, mais la plupart des acteurs soulignent les frais fixes élevés et le plafonnement de la rentabilité, dû au simple fait qu'une salle dispose d'un nombre de places fini. C'est idiot, mais c'est imparable. 
A titre d'exemple, sur la série de concerts que les Rolling Stones avait organisé en 2006, le producteur avait réussi à dégager... 4,2 millions de dollar de profits -sur quarante dates- tandis que les Rolling Stones en engrangeait... 106m$.
Interviewé dans Billoard peu après le dernier concert, ce producteur -Michael Kohl- déclarait (c'est une traduction) "avec le niveau de risque que nous avons pris, notre profit ne représentera toujours que quelques pour cent de la totalité de notre engagement financier, et pourtant nous avons joué à guichets fermés partout [...] et même si nous avions voulu rajouter des dates, nous n'aurions pas pu". 
On trouvera de nombreux autres exemples comparables à celui-ci. L'industrie du concert se porte certes bien, mais elle ne se développe plus vraiment, ni aux Etats-Unis, ni en France, principalement, semble t'il, en raison du niveau d'engagement que n'arrivent plus à supporter les tourneurs et producteurs. 
il existe certes quelques très rares exceptions : le stade de France, par exemple, auquel il est consacré un très bel article dans le Challenges de cette semaine- au travers de très grands acteurs. Ceux-ci disposant des meilleurs équipements, et d'un niveau de professionnalisme inégalé, et montrant encore le chemin. 
Légitimement cependant, une comparaison peut sans doute être faite entre ce métier et l'industrie de la musique telle qu'elle était en 1997, soit juste avant le début des ennuis, avec l'arrivée massive du mp3, et de tout ce qui s'en est ensuivit. 
On ne peut en effet nier que l'expérience Live ne s'est pas vraiment renouvelée. Il suffit de discuter avec un quelconque producteur de salle pour comprendre que ce grief tape dans le mille et qu'ils se savent en compétition avec de nombreuses autres offres de loisirs. 
L'innovation ne serait pas allée assez loin : un point sur lequel tout le monde avoue être sur la mauvaise rive concerne l'internet et les nouveaux médias. Tandis que c'est devenu une source de revenus très significatifs pour nombre d'autres industries, ce n'est clairement pas encore le cas du Live. En fait, mise à part quelques offres finalement assez limitées, (Awdio par exemple), la création de nouvelles expériences est pour ainsi dire inexistante. C'est pourtant curieux, car il y pour le moins moyen d'innover. Lorsque l'on sait que la plupart des matchs de football américain vont, dès cette année, être diffusés en 3d, avec possibilité de changement de caméra par le spectateur lui-même, on se dit que ça serait la base de ce dont on pourrait bénéficier pour un bon concert. 
Mais ça ne s'arrête pas là. l'interaction pourrait même permettre aux internautes distant d'être vraiment au coeur du concert. 
Si vous pensez que c'est une aberration, attendez simplement que la nouvelle Xbox sorte pour être convaincu du contraire. Elle contient des fonctionnalités qui permettent d'être au coeur du concert et de voir son propre avatar bouger au milieu d'autre gens. Plus fort, il serait possible de communiquer directement avec l'artiste, et même de chanter des couplets avec lui, voir être présent dans le concert par l'intermédiaire d'écran vidéos, etc.
Beaucoup de gens pourraient objecter que le live-on-line ne sera jamais qu'une version dégradée du vrai concert. C'est sans doute vrai, mais nous connaissons tous beaucoup de gens qui disent "qu'ils y étaient et qu'on ne voyait rien". Or, non seulement le live on line permet de résoudre cet inconvénient mais il permettra certainement bientôt un niveau d'immersion inégalée. De surcroît, il serait possible d'être à ce concert avec un sous groupe de proche amis Facebook, et donc d'en recontrer de nouveaux par ce biais. 
Il ne sert à rien de clamer que l'authenticité d'un concert ne se rencontre que sur place, c'est un peu comme de dire que le plaisir d'un livre n'existe que lorsqu'on le tien en main. Le concert peut certainement virtualiser son expérience et monétiser ce type d'offre. Cela reste simplement à inventer. 
Tout cela sans même évoquer l'intérêt qu'internet apporte (déja) pour la vente de produits dérivés, à commencer par la musique et l'enregistrement dudit concert... 
Il n'en reste pas moins que tout ceci reste à construire. Or, nous n'en sommes qu'aux prémises, et même avant. Il sera intéressant de voir si les anciens acteurs se feront remplacer par de nouveaux -à l'instar des distributeurs de musique qui ont du céder le pas sur Itunes- ou si le monde du live, édifiée par l'infortune de l'industrie de la musique enregistrée, sera réagir de façon approprié. Tout ceci est encore en train de s'écrire, sous nos yeux. 


1 commentaires:

Anonyme a dit…

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