mardi 8 juin 2010

Google s'attaque à la musique : est-ce que ça va faire mal?

Longtemps, on a cru que Google ne s'intéressait pas à la musique. Pourquoi s'approcher d'un univers totalement démonétisé alors que la société bigleuse a réussi à monétiser le lien hypertexte? 


Il était donc facile de croire que la firme de Moutain View avait abandonné à son -ancien- partenaire Apple et iTunes une situation de position plus que dominante. Mais après Google TV, Google a annoncé la semaine dernière, de façon très discrète à l'occasion de la dernière conférence Google I/O, la création de.......Google Music. L'idée est de proposer une plateforme permettant à l'internaute à partir d'un PC l'écoute de musique en streaming ainsi que du téléchargement, et ce à partir du catalogue musical de l'Android Market.

Jusqu'ici, rien de bien révolutionnaire, et surtout un respect scrupuleux des contraintes de droits et de catalogue... on est dans le domaine de la copie privée et  grâce à la technologie Simplify récemment acquise, le service Google Music permettra l'accès au contenu à distance et sans DRM sur les appareils Android.

Il donc sera possible de lire de la musique présente sur un ordinateur depuis son téléphone portable. Une fonctionnalité plus qu'intéressante que ne propose pas, à ce jour, iTunes.

Une autre start-up lui a emboité le pas.
Il s’agit de Rdio, immaginée par  Niklas Zennstrom et à Janus Friis qui ne sont autres que les fondateurs de Kazaa ou encore Skype, qui propose du contenu en streaming accessible de son PC mais également depuis d’autres supports (téléphone mobile).
 « L'idée est de créer un service de streaming sur abonnement partagé entre le bureau et mobile », explique Drew Larner, PDG de Rdio. « Pour quelqu'un qui est intéressé par l'abonnement, la notion de propriété est devenue moins importante que l'idée d'une diffusion à la demande ».
 Le cloud fait donc enfin son apparition, et c’est indiscutablement dans l’intérêt des utilisateurs, avec bien évidemment la disparition de toute contrainte physique et matérielle au profit d’un contenu et d’une musique global que l’on ne peut théoriquement plus perdre.

Pour revenir à Google, son arrivée dans le monde musical semble donc être la meilleure des nouvelles dans le meilleur des mondes, mais à y regarder de plus prêt, rien n'est vraiment réglé. 

Voici donc quelques pierres à coller dans le jardin -plantureux- de Google. 

petit caillou N°1 S'il n'y a pas de moyen d'acheter de la musique dans Google, (à ce jour, rien ne semble l'indiquer), on sait où vont aller la chercher les utilisateurs... Google est donc un petit peu hypocrite sur ce sujet. 

petit caillou  N°2 Mettre une fonction envoyer à un ami ne coûte pas grand chose et il serait dommage de ne pas y songer... Or, c'est la boite de pandore que l'on ouvre en grand. Je peux très bien avoir 5000 amis. La notion d'usage privé serait certes un peu galvaudé, mais google l'a montré, les prérogatives de certain sur les droits ne lui posent qu'assez peu de problèmes de conscience. 

petit caillou N°3 Autre défi à relever, avoir accès à son catalogue PC depuis son mobile à tout moment, c’est bien, mais encore faut-il que le support Android permette sur le plan technologique une écoute prolongée sans diminuer la batterie à vue d’œil. Restez connectés 30 minutes sur Deezer à partir de votre iPhone et aurez une appréciation concrète du problème...  

petit caillou  N°4 Ces trois petits point sont sans doute toute la différence qui tiendrait éloigné la firme aux deux OO du mass market. or Google n'est pas précisément connu pour être capable de se cantonner aux marchés de niche. On peut donc s'attendre à un empiètement progressif des droits des ayants-droits et une réaction proportionnellement virulente de leurs parts.  A ceci près qu'avec ses 24 milliards de trésorerie et son propre fonds d’investissement - Google Ventures - par l’intermédiaire duquel la firme investit quelques 100 millions de dollars par an dans des start-up, Google apparaît à l'heure actuelle comme le seul acteur pouvant se battre à armes égales avec la firme de Cupertino, et plus encore (pour ne pas dire plus) avec les Deezer, Spotify, et consors de ce monde. 

Est-ce donc pour autant la fin d'une situation abusivement dominante d'Apple? On peut commencer à compter les coups. Pour le moins, il est certain que Steve n'a pas dit pour autant son dernier mot. On attend donc avec impatience la version Lala-isée de Itunes... Et plus encore sa déclinaison mobile. 

Julien Combeau. 

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Donc bye bye les abonnements, vive la copie privée, et tout est entre les mains des opérateurs mobiles. On fait quoi maintenant?

Anonyme a dit…

phone number lookup

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