lundi 8 février 2010

être un artiste en 2010...

Lors du Midem, nous avons assisté à de nombreux débats sur la "juste place" d'un artiste en 2010. Certain souhaitent les enfermer loin de toute tentation technologique, sur le plateau du Larzac, avec leurs potes musiciens et leur guitare, tandis qu'à l'autre extrème, nombreux sont ceux qui ne peuvent plus concevoir que les artistes ne twittent pas au moins 10 fois par jour, soient sur FourSquare, managent eux même leur communautés de fans, et tutti quanti.

Et, il faut avouer que le spectre d'expériences rencontrées n'aide pas à se faire une conviction... Entre la rockeuse Noush Skaugen, qui a (accrochez-vous) 1,244,000 followers sur twitter, un site à son nom particulièrement bien tenu, des pages sur Facebook, Myspace, et d'autres -dont nous tairons le nom-, qui n'ont absolument rien, il y a un monde, parfois sans qu'il n'y ait une génération, ni même une seule année d'écart.

Le point de vue de ce post n'est pas de juger ce qu'il convient de faire pour être un bon artiste, mais de ce qu'il conviendrait sans doute de faire pour exister un minimum et, disons-le abruptement, augmenter son efficience commerciale. De surcroît, ces recommandations sont nuancées en tenant compte du fait que les artistes peuvent avoir des status très différents, de l'un à l'autre. Nous connaissons un Alto des "Arts Florissants" qui travaille 10h par jour. Autant dire qu'il n'a sans doute que peu envie d'aller gérer sa page facebook à la fin de sa journée. Et par dessus le marché, une certaine catégorie d'artistes conçoivent leur travail comme une ascèse au cours de laquelle une activité de ce type est en contradiction nette avec leur art.

Cependant, pour ceux qui souhaitent être au fait de ce qu'il se pratique aujourd'hui, voici quelques observations.

Les sites communautaires: longtemps encensés pour leur capacités à agréger les fans, les sites communautaires -facebook compris- sont de plus en plus remis en cause en raison de leurs dispersions et du temps qu'il est nécessaire d'y consacrer. Même si en France, la notoriété en a pris un coup (assez rude), Myspace reste, au niveau mondial, la référence en matière de musique, avec plus de 6 millions de comptes d'artistes. loin, très loin devant facebook, dont les fonctionnalités ne sont pas faites pour les musiciens.

Les sites B2B, du type Ioda, the Orchard, ou Believe font le travail qu'un artiste ne peut que difficilement faire : aller signer avec chaque plateforme pour se distribuer. Ils prélèvent une part conséquente des revenus, mais mieux vaut des revenus que pas de revenu du tout. ces sites multiplient les fonctionnalités et devraient devenir des outils incontournables pour les artistes.

Youtube: il faut le rappeler ; un tiers du trafic internet mondial est dû à Youtube, site qui est totalement indexé par google.com . Même s'il ne s'agit pas d'un support très qualitatif, le laisser de coté revient à négliger une part de voix significative.

Twitter: est devenu une sorte de phénomène -incontournable- pour les artistes également. il n'y a qu'à voir le nombre de stars qui l'utilisent quotidiennement pour s'en convaincre. Le site est comparé, aux états-unis à une drogue dure par Rolling-Stones, tant il parvient à créer un lien fort entre les artistes et leurs fans. Recevez chaque jour, en direct de chez elle, la pensée lumineuse de Alicia Key, ou mieux encore de Britney Spears... C'est un peu moqueur, mais n'en est pas moins d'une puissance incomparable. Foursquare, un peu dans le même principe, reste trop jeune pour qu'il soit possible de juger de sa pertinence... Si un artiste ne devait s'approprier qu'un seul outil, il nous semble que cela devrait être celui-là.

Et sinon... Bien entendu, chaque artiste pourrait développer son site à son nom, y intégrer de la vidéo, de l'e-commerce, etc. Ceci nécessiterait cependant des moyens considérables à cette échelle.
Il existe également de très nombreux autres sites et modèles. Nous en parlons régulièrement dans ce blog. L'usage de l'un ou de l'autre dépend de l'activité propre à chaque artiste. Il n'en reste pas moins vrai qu'il nous semble qu'un artiste se doit, aujourd'hui, d'être à minima conscient de cet univers virtuel et, tout comme il choisit les salles où il parait, décider des outils et plateformes qui vont assurer sa visibilité sur Internet.

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