lundi 31 mai 2010

Spectacle vivant... Sur la même pente que l'industrie de la musique?

C'est un lieu commun de dire que le secteur du spectacle vivant se porte au mieux tandis que l'industrie du disque connait l'enfer depuis dix ans. Il est vrai qu'avec un chiffre d'affaire qui n'a cessé de progresser ces vingt dernières années, le monde du live se porte effectivement plutôt bien. Avec 450 millions de chiffre d'affaire en France -en ne comptant en fait que les très grandes salles- ce secteur représente un peu moins que l'ensemble de l'industrie du disque. 
La rentabilité n'en reste pas moins faible. Les chiffres consolidés ne sont pas malheureusement pas connus, mais la plupart des acteurs soulignent les frais fixes élevés et le plafonnement de la rentabilité, dû au simple fait qu'une salle dispose d'un nombre de places fini. C'est idiot, mais c'est imparable. 
A titre d'exemple, sur la série de concerts que les Rolling Stones avait organisé en 2006, le producteur avait réussi à dégager... 4,2 millions de dollar de profits -sur quarante dates- tandis que les Rolling Stones en engrangeait... 106m$.
Interviewé dans Billoard peu après le dernier concert, ce producteur -Michael Kohl- déclarait (c'est une traduction) "avec le niveau de risque que nous avons pris, notre profit ne représentera toujours que quelques pour cent de la totalité de notre engagement financier, et pourtant nous avons joué à guichets fermés partout [...] et même si nous avions voulu rajouter des dates, nous n'aurions pas pu". 
On trouvera de nombreux autres exemples comparables à celui-ci. L'industrie du concert se porte certes bien, mais elle ne se développe plus vraiment, ni aux Etats-Unis, ni en France, principalement, semble t'il, en raison du niveau d'engagement que n'arrivent plus à supporter les tourneurs et producteurs. 
il existe certes quelques très rares exceptions : le stade de France, par exemple, auquel il est consacré un très bel article dans le Challenges de cette semaine- au travers de très grands acteurs. Ceux-ci disposant des meilleurs équipements, et d'un niveau de professionnalisme inégalé, et montrant encore le chemin. 
Légitimement cependant, une comparaison peut sans doute être faite entre ce métier et l'industrie de la musique telle qu'elle était en 1997, soit juste avant le début des ennuis, avec l'arrivée massive du mp3, et de tout ce qui s'en est ensuivit. 
On ne peut en effet nier que l'expérience Live ne s'est pas vraiment renouvelée. Il suffit de discuter avec un quelconque producteur de salle pour comprendre que ce grief tape dans le mille et qu'ils se savent en compétition avec de nombreuses autres offres de loisirs. 
L'innovation ne serait pas allée assez loin : un point sur lequel tout le monde avoue être sur la mauvaise rive concerne l'internet et les nouveaux médias. Tandis que c'est devenu une source de revenus très significatifs pour nombre d'autres industries, ce n'est clairement pas encore le cas du Live. En fait, mise à part quelques offres finalement assez limitées, (Awdio par exemple), la création de nouvelles expériences est pour ainsi dire inexistante. C'est pourtant curieux, car il y pour le moins moyen d'innover. Lorsque l'on sait que la plupart des matchs de football américain vont, dès cette année, être diffusés en 3d, avec possibilité de changement de caméra par le spectateur lui-même, on se dit que ça serait la base de ce dont on pourrait bénéficier pour un bon concert. 
Mais ça ne s'arrête pas là. l'interaction pourrait même permettre aux internautes distant d'être vraiment au coeur du concert. 
Si vous pensez que c'est une aberration, attendez simplement que la nouvelle Xbox sorte pour être convaincu du contraire. Elle contient des fonctionnalités qui permettent d'être au coeur du concert et de voir son propre avatar bouger au milieu d'autre gens. Plus fort, il serait possible de communiquer directement avec l'artiste, et même de chanter des couplets avec lui, voir être présent dans le concert par l'intermédiaire d'écran vidéos, etc.
Beaucoup de gens pourraient objecter que le live-on-line ne sera jamais qu'une version dégradée du vrai concert. C'est sans doute vrai, mais nous connaissons tous beaucoup de gens qui disent "qu'ils y étaient et qu'on ne voyait rien". Or, non seulement le live on line permet de résoudre cet inconvénient mais il permettra certainement bientôt un niveau d'immersion inégalée. De surcroît, il serait possible d'être à ce concert avec un sous groupe de proche amis Facebook, et donc d'en recontrer de nouveaux par ce biais. 
Il ne sert à rien de clamer que l'authenticité d'un concert ne se rencontre que sur place, c'est un peu comme de dire que le plaisir d'un livre n'existe que lorsqu'on le tien en main. Le concert peut certainement virtualiser son expérience et monétiser ce type d'offre. Cela reste simplement à inventer. 
Tout cela sans même évoquer l'intérêt qu'internet apporte (déja) pour la vente de produits dérivés, à commencer par la musique et l'enregistrement dudit concert... 
Il n'en reste pas moins que tout ceci reste à construire. Or, nous n'en sommes qu'aux prémises, et même avant. Il sera intéressant de voir si les anciens acteurs se feront remplacer par de nouveaux -à l'instar des distributeurs de musique qui ont du céder le pas sur Itunes- ou si le monde du live, édifiée par l'infortune de l'industrie de la musique enregistrée, sera réagir de façon approprié. Tout ceci est encore en train de s'écrire, sous nos yeux. 


mardi 25 mai 2010

Tendance technologique de la musique ; le Cloud.

Cela fait longtemps que beaucoup d'entre nous considérent que la musique est devenue une commodité et que l'innovation technologique n'est plus au coeur de son évolution. Les fichiers AAC ou mp3 peuvent circuler sur le réseau en quelques secondes, la musique est d'ailleurs de plus en plus massivement streamée et il est donc difficile d'imaginer une application qui pourrait totalement révolutionner son usage.
Pourtant, 2010 pourrait bien marquer le monde de la musique par plusieurs innovations assez significatives. Nous en avons parlé dans un précédent post, et ce sera très certainement cette année que Apple lancera son offre Itunes Streaming... Jusqu'ici, rien de révolutionnaire, que Deezer, Pandora (depuis bientôt.... 10 ans!) ou Spotify ne fassent.
Pourtant, il y a beaucoup à parier que Itunes ne pourra se contenter d'offrir une transposition de son service dans le Cloud, c'est à dire en logique client-serveur(s).
De surcroît, les récentes gesticulations de l'armée de Google aux frontières de la musique vont très certainement pousser ces deux acteurs à venir avec des offres clairement innovantes. Plusieurs officiels de la société ont fait part de l'éventualité que Google investisse le terrain et la société vient de racheter Simplify Media, une start-up évoluant aux frontières de la musique.

Voici donc quelques suggestions (parfois un tantinet informée) de ce que pourraient intégrer ces acteurs :

1° Les partages de playlists. Plusieurs sites ont connus de réels succès en autorisant le partage de playlists ; c'est la dernière fonction en vogue chez Spotify et si vous avez un ami qui utilise le service fréquemment, vous n'avez pu manquer de constater qu'il est très actif -presque malgré lui- dans les groupes sociaux.
Nous pensons que la probabilité que Itunes et Google intégrent cette fonction, s'ils viennent avec une nouvelle offre musicale, est de 100%.

2° les contenus multimédias : 38% des adolescents canadiens utilisent principalement... Youtube pour écouter de la musique. Il nous semble que les contenus pourraient être facilement enrichis de video, dans un nombre significatifs de cas. cette fonction, sur laquelle Youtube a un clair avantage pourrait apparaître avec une probabilité que nous estimons à 30% pour Itunes et à 80% pour google.
Dans le même thème, il semblerait que Apple souhaite donner un petit coup de pouce au format LP, qu'ils ont lancé l'été dernier. 

3°Du Live: Google souhaite rattrapper son retard dans le domaine événementiel. Dans le peu de communication qu'ils ont fait sur le sujet, ils évoquent le live comme une piste qu'ils trouvent intéressante et qu'ils aimeraient développer. Plusieurs expérimentations ont été menées, principalement en Californie, par la firme aux deux OO. La probabilité à grande échelle reste faible, de l'ordre de 20%

4°Les générateurs de playlist automatiques. Ces fonctions sont généralement considérés comme peu accessibles par les spécialistes. Il est probable que Apple et peut être google, tachera de mettre en valeur cette technologie en "symbolisant" la génération de ces playslists automatiques, en utilisant un procédé qui pourrait être proche de celui de Musicovery et consors. Il est vrai que dans une perspective de découverte de nouvelles musique, le streaming complété de playlists intelligentes aurait tout son sens. C'est une fonction sur laquelle ni Spotify, ni Deezer n'ont encore vraiment excellé. Cette probabilité est une quasi certitude, donc 100%. 

Enfin, il faut rappeler que la Xbox et la playstation sont des plateformes de prédilection pour la distribution de contenus en mode cloud. Dans le cas de la Xbox, la rumeur évoquerait le fait que Microsoft ait confié (ou souhaite confier) à Musiwave le soin de développer des modules dont la finalité serait particulièrement adaptée à cette dernière plateforme... A suivre donc. mais un petit 80% ne serait pas déplacé. 

samedi 22 mai 2010

P2P et tendance de l'industrie musicale

Ces jours-ci deux évènement fort concernant le P2P
° Aux Etats-Unis, un juge a considéré que l'activité de LimeWire était clairement en contradiction avec les lois sur le respect du Copyright. C'est une première, car jamais auparavant les juges américains ne s'étaient aussi précisément prononcés sur le fond. L'injonction à cesser d'opérer pourrait désormais parvenir à LimeWire à n'importe quelle moment. Rappelons que différentes études placent LimeWire comme le 2ème player P2P et le premier sur Mac. le revers serait donc important. 
° The PiratBay a quand à lui cesser de fonctionner (il semblerait qu'il ait repris jeudi dernier cependant). Cela fait plusieurs années qu'un service de P2P n'avait pas été arrêté de façon autoritaire, mais la société de hosting a été mise en demeure de cesser d'héberger leurs serveurs sous peine d'une amende de 225,000 euros par jour.
Evénements isolés ou tendance de fond? Si l'on faisait un graphique intégrant l'ensemble de ce qui est en faveur d'une dérégulation ou au contraire d'une régulation, il semble que les 18 derniers mois ont clairement été en faveur de la reprise de contrôle.  Il faut toutefois souligné que la question du piratage et plus encore du P2P est à présent un sujet d'une demi génération. 

mercredi 19 mai 2010

Qui gagne quoi? Les vrais revenus d'artistes par type de contenu


Nous ne résistons pas à la tentation de mettre en ligne les calculs d'un confrère -David McCandless, auteur du blog "information is beautiful" concernant les revenus des artistes en fonction du support et du mode de distribution que celui-ci choisi. C'est en réalité assez éloquant.
Nous avions par le passé comparé dans ces lignes l'industrie de la musique à celle de la sidérurgie ; cette fois-ci la comparaison serait plutôt à faire entre l'artiste et le monde paysan ! Les niveau de marge qui sont effectivement concédées à l'artistes restent, particulièrement sur le digital, en deça de ce que l'on pourrait espérer d'un process aussi efficace de distribution. 










vendredi 14 mai 2010

PIratage : qui gagne et qui perd.



ImageUn peu de droit, d'ici et d'ailleurs. 
Mardi 11 mai : la cour Fédérale allemande a donc décidé que les possesseur d'un spot wifi étaient tenus de le sécuriser -c'est à dire d'en limiter l'accès libre à l'aide d'un mot de passe- sous peine d'amende. Mesure à priori technique, elle n'en est pas moins d'une portée importante tant elle décrète clairement que chacun est responsable de son ou de ses accès à internet et donc de ce qui circule par cet accès.
Beaucoup objecteront que, malgré tout, cela ne restreint pas grand chose tant il reste possible de contourner cette contrainte en préservant son anonymat lors du téléchargement, à l'aide d'un VPN par exemple. Et c'est en effet exact.
Il n'en reste pas moins qu'à force de loi et de décrets, le périmètre de ce qui est légal et de ce qui ne l'est pas, devient sensiblement plus net et ceci à une échelle planètaire.
Les premiers à tirer furent les américains, avec leur Millenium Act, adopté sous la présidence Clinton, dès 1998.  Il a visé à établir une législation concernant la propriété intellectuelle et a clairement déporté la responsabilité de l'usage illégal d'un contenu sur l'internaute et les fournisseurs de technologies et de services qui y pourvoient. 
D'autres legislations ont suivi, et il serait fastidieux d'en faire la liste ; rappelons donc que pour la France, LSI, LOPPSI, DAVSI, HADOPI, représenteront quelques unes des étapes (certaines non mises en pratique d'ailleurs) allant dans le sens sus-cité. 
Il est intéressant de noter que d'un monde à priori libertaire et non régulé, l'internet est devenu un espace certes d'échanges peu réglementés, mais où la responsabilité des contrevenants au droit d'auteur est de plus en plus nette.
A contrario, les tentatives pour soumettre l'ensemble des échanges au regard de régulateurs ont échoué. Il a ainsi été de l'ACTA, pour l'instant à l'arrêt, et de l'Hadopi Australien (ACMA), sur lequel le gouvernement a du finalement revenir pour finalement l'abandonner. 

Toujours possible, mais plus compliqué...
La conséquence curieuse -et en contradition avec une étude récente sur le sujet- semble indiquer que le piratage pourrait refluer plus qu'on ne l'imagine. L'exemple suédois montre que près d'un an après l'application d'une loi réprimant le téléchargement illégal, les revenus de l'industrie musicale ont augmenté de près de 50% et contrairement aux prédictions de nombreux Cassandre, cette tendance ne semblait pas devoir se démentir à la fin du premier trimestre 2010. 
il sera certes toujours possible de trouver mille feintes pour continuer à accéder aux contenus de façon illégale, mais il est également possible que l'on assiste prochainement à une évolution similaire à celle qu'aurait connu le marché des cassettes video VHS. Un ami nous rappelait en effet qu'à ses début en 1985, un marché pirate assez dynamique avait rapidement vu le jour, tout aussi vite étouffé par l'apparition d'une offre commerciale légale (les video-clubs principalement) et par la mise en place de dispositifs anti-piratage (Macrovision) sur les appareils enregistreurs.
En déplaise au plus grand nombre des internautes, et même si par essence les prédictions font partie des arts à haut risque, il pourrait donc y avoir une grande similitude entre ces temps lointains et le monde d'aujourd'hui.   

mardi 11 mai 2010

Itunes streaming: quand, ou et comment?



Depuis que Apple a annoncé que la fermeture de lala.com -le site de streaming bien connu que la société a racheté à la fin de l'année dernière- interviendrait dès le 31 mai 2010, les rumeurs vont bon train pour essayer de définir ce que pourrait être l'offre d'Itunes, telle qu'elle apparaîtra certainement bientôt et intégrant Lala.

Apple ne communiquant qu'avec une parcimonie toute calculée, les analystes et autres journalistes ont coutume de s'intéresser aux dépots de marque et de brevet que la firme opère pour en déduire ses prochaines annonces. 
C'est d'ailleurs ainsi que deux ans avant le lancement de l'Iphone, le site Apple-insider (à présent fermé) avait annoncé que la firme éponyme, allait lancer un téléphone, tant les dépots de brevets dans le domaines étaient caractéristiques d'une évolution dans les télécoms. De surcroît, l'évolution du système d'exploitation ne laissait guère de doute, en intégrant des fonctions tout à fait dédiée à la gestion d'applications de téléphonie. 

Apple en a tiré la leçon, les brevets sont à présent déposés par des sociétés écrans, et réintégrés dans le giron de la firme après les lancements des produits. Il en a sans doute été ainsi de l'Ipad, tant les dépots de brevets liés à ce produits semblent avoir été peu nombreux. 
Concernant l'évolution de Itunes, il est difficile de faire des prédictions avec beaucoup de certitude à partir des dépots de marque et de brevet -Apple a bien renforcé l'étendue de la marque qu'elle possédait déja -Itunes Live- tant les indices sont faibles. 
Quelques reflexions de bons sens permettent cependant d'avoir une idée somme toute assez précise de ce qui devrait émerger. 

a) En premier lieu, Apple est à présent le premier vendeur de musique de la planète. Il lui est donc impossible de se tirer directement une balle dans le pied, en créant une offre directement concurrente de Spotify -ou Deezer en France-, sauf à y mettre massivement de la publicité. Or... Apple vient de lancer sa propre régie mobile. 
il n'est donc pas invraisemblable de penser que la firme à la pomme intégre une offre gratuite, truffée de publicité, à l'instar de ce que fait Spotify et qui sera principalement accessible en mobilité. 

2) L'expertise Lala se situe sur deux terrains (i) le streaming (ii) la gestion de" DRM light" -les priorités d'écoute en fonction du profil. On peut donc spéculer sur le fait que Apple va lancer une offre en streaming d'une part et une solution permettant de gérer des droits d'écoute en fonction du profil de l'utilisateur ou de la zone géographique : sans possibilité d'écoute -autre que des extraits-, écoute avec publicité, écoute plus ou moins illimitée pour les utilisations payantes. 

3) Comme cela a été dit plus haut, il est peu probable que Apple vienne concurrencer radicalement son offre de download. On peut donc émettre l'hypothèse qu'elle offrirait une solution mixant les deux offres, de sorte à renforcer la pénétration de l'offre Itunes. Il est à cet égard important de souligner que même aux Etats-Unis, le taux d'adoption de Itunes reste relativement bas, soit à 17% des foyers américains. Le streaming serait donc un moyen de renforcer considérablement cet usage. 

4) Apple pourrait en profiter pour lancer des "Spod", des Ipod permettant de streamer la musique à partir de la 3G ou du wifi. Un usage domestique autant que portable ferait plus que sens qu'encore une fois cela renforcerait largement le niveau de pénétration de la firme à la pomme. D'autant que ces produits pourraient être extrèmement simples d'usages et accessible à une génération qui a pour l'instant du mal à adopter des produits qui, même en provenant de chez Apple, restent perçus comme très technologiques et complexes d'usage. 
Il est en effet important de rappeler que Apple n'a que 4% de part de marché au niveau mondial, le grand challenge de la pomme croquée est donc de parvenir à accroitre ce pourcentage sans diminuer trop nettement sa marge. C'est un défi qu'elle peut relever grace au niveau de différenciation technologique et fonctionnel auquels elle est à présent parvenue.  


vendredi 7 mai 2010

Prédiction sur le marché de la musique... révisions après six mois.

Plusieurs pays, la Hollande, l'Angleterre, et à présent la France, viennent de faire état d'un arrêt de la baisse des ventes dans la musique. Excellente nouvelle, qui est assez conforme à ce que nous avions pronostiqué, à quelques points -majeurs certes- dans notre post, "pourquoi la chute du marché de la musique va maintenant s'accélérer" vieux à présent de près de sept mois. A mi parcours de l'année (à peu près), il est intéressant de faire notre auto-critique et de tacher de voir ce qui y est juste et ce qui ne l'est pas. 
Voici donc les dix prédictions initiales



1) la chute du marché physique va s'accélerer.
plutôt faux. c'est même d'une hausse dont il s'agit en France, aux UK mais pas aux USA. Celle-ci reste difficilement explicable et le SNEP est guère dissert sur ce point. Nous continuons à penser qu'il ne s'agit que d'un artefact ou plateau et que la baisse va reprendre. 

2) Itunes a mangé son pain blanc. 
Vrai, et... bientôt faux. Apple ne fait état que d'une progression limitée (1,1mds vs 950 millions en 2008) de son chiffre d'affaire musique dans Itunes, sans rapport aucun avec la croissance de ses ventes d'Ipod, d'Iphone et autres produits. De surcroît le donwload est down et le streaming est up. Reste qu'ils ne vont pas tarder à réagir, Lala ne donne plus signe de vie et cela serait plutôt en faveur d'une intégration accelerée dans Itunes...

3) On va enfin parler de musique mobile. 
Plus que vrai... C'est une catégorie en explosion dans les Iphones App. blackBerry en fait un axe stratégique. Le manche est passé des telcos aux devices makers et aux solutions Saas. 
4) le MP3 va réellement commencer à disparaitre dès 2010
Etal : pas beaucoup de signaux déterminants, mais encore une fois, le streaming devient plus qu'un ennemi du mp3, que personne ne regrettera vraiment. 

5) Le P2P va peu à peu s'effacer
Vrai, il est déja largement en baisse, selon l'ensemble des études sur le sujet. D'autant plus que c'est souvent le principal facteur visé par les Hadopi de tous pays. 

7) Il y aura plusieurs plateforme gagnantes. 
Etal : difficile à dire à ce stade, mais l'expérience musicale est définitivement plus large qu'auparavant. 

8) L'échange de playlist va largement se populariser. 
plutôt faux. Spotify n'a toujours pas largement ouvert l'importation de playlist de plateformes concurrentes à notre grand regret. 

9) De nouvelles expériences musicales vont émerger (suivez mon regard). 
plutôt  vrai ; il suffit de voir celles qui sont proposées dans le App Store. Que de la créativité et de l'innovation. 

10) le marché de la musique va recommencer à croitre en Europe dès 2011. 
Vrai: en six mois, les signes allant en ce sens sont impressionnants. Même si on devrait encore connaitre un ou deux trimestres de baisse, le plus dûr semble passé. il reste qu'en Europe, le pourcentage de revenus provenant du numérique est étrangement faible (20% environ). 

5 en faveur du vrai, 3 en faveur du faux et deux étals... pas trop mal non? 

dimanche 2 mai 2010

Palmarés des opérations dans la musique du CAC40

Cette semaine, un dossier sur le CAC40 et la musique... On le sait, on ne parle que ça, les marques raffolent de la musique ; tout le monde l'aime, c'est très identitaire, et ça ne coute finalement pas si cher que ça.

Reste que toute les marques n'ont pas nécessairement un ADN qui soit particulièrement musical et que les marques musicales n'ont pas impérativement des accointances avec tous types de musique. On ne voit pas trop EADS faire de Lio son égérie ni Bouygues choisir les Berruriers Noirs pour sa communication institutionnelle.
A l'inverse, il existe plusieurs marques qui utilisent déja beaucoup de musique ou qui devraient le faire plus, tant leur identité s'y prête. Voici la presque totalité du CAC40 au prisme de ce qu'elle font -ou devraient peut être faire- dans la musique.

Accor : le 3ème réseau d'hotels au monde et premier nom du CAC (par ordre alphabétique) est un gros diffuseur de musique au travers de ses myriades de halls et chambres d'hotels. Curieusement cependant, il n'a à notre connaissance jamais tenté de rentrer dans la juteuse filière de Bhudda Bar / Café del Mar/ Costes, -et autres lieux un chouilla branchouilles- qui consiste à poser sa compil sur le comptoir. Sans doute est-ce dû à la très grande indépendance qui existe entre toutes ses marques d'Hotel (Sofitel, Pullman, Mercure, AllSeasons Etap, etc.) qui n'ont d'ailleurs parfois que peu à voir les unes par rapport aux autres.

Airliquide: L'une des entreprises les plus rentables du CAC n'a pas jugé utile de tenter de rentrer en concurrence sur le terrain du groupe de pop au nom éponyme... Dommage.

Alcatel: A contrario des maisons de disque, la marque n'a pas vraiment réussi en business ces dernières années, mais la piraterie lui a plutôt porté chance. l'utilisation sans accord de ses brevets liés au mp3 par Microsoft lui a permis de chipper 1,5mds de dollars à cette dernière...

Alstom: Depuis des années, Alstom est aux cotés des Eurokéennes de Belfort, cette ville étant l'un des fiefs principaux du fabricant de turbines et de locomotives. Pas grand chose à part cela. il fait sinon aller jusqu'au Chili, pour trouver une opération de mécénat visant à aider les enfants à apprendre la musique.

ArcelorMittal: Quelques petites opérations de mécénat et de sponsoring de festivals. On notera avec amusement qu'ArcelorMittal semble assez fier que son acier soit assez bon pour faire des cordes de guitares et le fait savoir dans ses communiqués de presse officiels. 

Axa: Pour l'instant, l'une des sociétés françaises les plus prodigues en opération de mécénat ne semble pas avoir quoi que ce soit à faire avec la musique... A part un petit festival de musique Classique, en Belgique, la musique ne semble pas être un loisir assez sérieux pour les assureurs.

BNP-Paribas : à l'instar d'une autre banque, citée plus loin, BNP est férue de musique classique. Nombreux sont les programmes qu'ils sponsorisent, et il faut reconnaitre que souvent, ceux-ci sont plutôt de bonne qualité. 

Bouygues: en tant que tel, Bouygues n'est pas très présent dans la musique. Leur site web n'indique que de très petites opérations de mécénat... C'est oublier que Bouygues c'est aussi TF1, et TF1 c'est la fête de la musique tous les jours... avec la StarAc, TF1 musique, la techtonik et tant d'autres programmes que nous en oublions.

CapGemini: la société de Conseil en services informatiques est aussi parfois, une société de conseil... tout court. Récemment, elle a réalisé un très gros rapport pour un grand groupe de média français, très impliqué dans la musique qui, en substance expliquait que... ça allait continuer à être dur pendant quelques années. Le rapport a été... Moyennemement reçu. Plus généralement, Cap est fréquemment solicité comme expert sur les histoires de piraterie, de création de plateforme (pour la Fnac par exemple). Sans être particulièrement une société Rock&roll, il n'en sont pas moins de la partie.

Carrefour: Le gros et grand distributeur reste... le premier distributeur de musique non-digitale en France. Autant dire qu'ils en connaissent un rayon. Chaque année, la grande inquiètude de l'industrie musicale est de finir par se faire "déréférencer", c'est dire exclure des rayons des hypers. Il semblerait que cette crainte soit à présent éloignée, le nouveau management de Carrefour souhaitant renforcer la dimention culturelle de son offre. A bon entendeur...

Crédit Agricole : encore une banque et encore du mécénat de musique classique. Il faut croire que ça donne un genre honnête. Ou à défaut d'adoucir les moeurs, ça adoucit la lecture de ses relevés d'aggios.

Danone : la marque sympa près de gens est surtout la marque... préférée des français. Pourquoi n'essayent t'il pas le produit le plus affinitaire qui soit? Danone et vous est étrangement silencieux, à part un peu de musique genre "c'est mon cousin qui l'a fait avec son synthè" sur les video de relaxation.

Dexia: tiens ! encore un banquier, et... encore un mécène de la musique classique. Ca en devient inquiètant ce mimétisme si appuyé. Espérons qu'ils n'ont pas également tous les mêmes idées sur l'évolution des marchés financiers...

EADS: en voilà un qui assume. Une fondation omniprésente, une activité sur tous les continents, des références à la culture appuyés dans les discours du président, et... pas beaucoup, sinon pas de musique dans le programme de EADS. Au moins c'est clair.

EDF: Il y a bien un orquestre maison, quelques opérations de mécénat et... des CD distribués de temps à autre aux partenaires et employés, mais l'électricien sans lequel la musique ne serait sans doute pas, n'est pas plus actif que cela dans le secteur.

Essilor: y voit bien mais n'entend goutte ! pas de programme dans la musique pour le fabricant de verre de lunettes, à notre connaissance.

France Telecom : la marque d'ingénieurs-qui-voulaient-devenir-un-grand-média-à-coup-de-millions n'est pas franchement un grand acteur de la musique. Ce n'est certes pas faute d'avoir tenté, il n'en reste pas moins qu'ils auraient sans doute un peu de succès ne serait qu'en mettent en avant une playlist chaque mois sur leur site, ou même en relançant les ringbacktones avec un partenaire comme Musicall, par exemple. Avec l'une des toutes première audience de l'internet, et des dizaines de millions d'abonnés au téléphone, ça ne pourrait sans doute pas rater... Quoi que....

GDF SUEZ: Si vous avez des amis musiciens, il vous en feront sans doute la remarque. GDF-Suez est un gros sponsor. Il est difficile de dénombrer les évènements qu'ils sponsorisent ou dans lesquels leur fondation intervient. Rien à dire, les vannes sont ouvertes.

L'Oreal, n'a pas l'air de le vouloir... A force de s'attacher à faire rèver les filles (et les garçons), on en oublie le pouvoir envoutant de la musique. Avec des millions de points de vente dans le monde, avoir une vraie identité musicale devrait être une préoccupation majeure de ce groupe. Or, de l'avis même d'un consultant qui a travaillé pour cette marque récemment, la cohérence est loin d'être de mise. Rare seront ceux, à part Sebastien Tellier, pour dire le contraire.

Lagardère, on peut avoir dans son ADN gravée l'infamie d'être un ancien marchand de canons -de missiles plus précisèment- et aimer le sport et la musique... En commençant pas prendre une proportion non négligeable du capital de Because, le petit label branché du moment. Ce qui compte avant toute chose, c'est d'avoir l'air cool et d'être bon en communication et ça tombe bien car Lagardère est aussi -et maintenant surtout- un groupe de communication, avec Europe2, VirginRadio et tutti quanti. 

LVMH : certaines de leurs marques sont au top de la musique, il en est ainsi de Hennessy, qui a monté Hennessy Artistry. D'autres n'ont aucun programme continu sur le sujet. En revanche l'identité musicale de Sephora a fait l'objet d'investissements soutenus et le résultat s'entend (on aime... ou pas). la holding LVMH réalise néanmoins une action de mécenat pour essayer d'aider les ado à écouter autre chose qu'NRJ. Bon courage.

Michelin: Bon vieux Bibendum ne semble pas trop porté sur la musique...

Pernod Ricard : Boire un petit coup -en musique- ça a toujours été agréable. Et c'est fort de ce constat assez basique que pernord Ricard fait de gros efforts pour sponsoriser autant que possible -et sans trop outrepasser la loi Evin- toutes les évènements live possibles et imaginables. Tout concert capable de rassembler plus de 1000 personnes est potentiellement éligible... et la maison sait se montrer prodigue.

Peugeot: Le lion rugit mais ne chante pas beaucoup. A part quelques brevets pris dans les années quatre-vingt sur des techniques de diffusion de son dans l'habitacle, peugeot ne goutte que peu la musique...

PPR : la musique n'a pas vraiment réussi à PPR, qui cherche à se désengager de la FNAC, dont le recul des ventes (-8% en 2009) est largement le fait des piètres performances des rayons disques. En son temps, PPR était aussi sorti -trop tôt- du capital de Musiwave, bien avant que la société ne devienne un succès.

Renault ferait t'elle des voitures à vivre pour... sourds et malentendants? C'est à croire tant sa présence dans la musique se résume à celles de ses publicités et aux autoradios qu'ils installent dans leurs voitures. De l'avis même d'un ancien responsable du marketing, Renault n'a pas l'oreille musicale.

SaintGobain: feu un mécène, Saint Gobain semble avoir réalisé quelques opérations de mécénat de festivals, mais ceci ne semble plus être d'actualité au XXIème siècle.

Sanofi, la marque ne dispose pas particulièrement des caractérisque d'une emblème musicale, cependant elle mérite d'être ici mentionnée pour ses opérations de mécénat en faveur de son soutien à l'Association Velntin Haüy, qui aide les aveugles et leur permet d'accéder à des évènements musicaux.

Société Générale: S'il existe bien une banque qui s'est investie dans la musique -classique pour ne rien changer- c'est la Société Générale. Il faut reconnaitre que l'investissement a été massif et continu depuis près d'une vingtaine d'année, principalement réalisé au travers de leur fondation. Comme quoi il n'y a pas que Jérome Kerviel dans la vie.

STMicroelectronics, eux ont un programme de musique... electronique. ST intégre chaque année dans plusieurs centaines de millions de puces les players mp3 que nous utilisons tous les jours. Si la musique est bonne, c'est un peu grace à eux. Dommage qu'ils ne le fassent pas savoir... en musique. De surcroît ST est la petite fille de Thomson SA, la société qui a co-inventé le mp3. 

Total : encore une marque qui dispose de milliers de points de vente, qui prétend être proche des gens et qui ne fait rien dans la musique... Bizarre autant qu'abscons. Ce n'est pas compliqué pourtant de faire une compilation de musique pour la route, que l'on aligne le long des caisses, d'autant que si l'on tape Total + Musique dans google, on trouvera des centaines de liens d'internautes cherchant à identifier la musique de leurs publicités. Il suffirait de mettre tout cela en boite pour que ça se vende.

Veolia: c'est ce qui reste du métier de Vivendi Universal avant l'arrivée de Jean-Marie Messier. La plomberie, très peu pour lui. Il a ainsi vendu une société hyper rentable pour se lancer à corps perdu dans la musique. Veolia s'en est tenu là et n'a jamais cherché à remettre les pieds dans ce bazar. Il serait toutefois injuste de ne pas mentionner leur discrète mais efficace fondation, qui aide l'enfance en difficulté, entre autre chose en permettant aux tous petits d'accéder à des expériences musicales.


Vivendi : L'honneur est sauf ! c'est, dans l'ordre alphabétique, la dernière société du CAC et c'est le seul dont la musique est un métier fort. nous voilà rassurés.

ps : le même exercice serait très amusant à faire pour le SBF 250, mais nous laissons cette joie à d'autres. 

jeudi 29 avril 2010

L'album... un souvenir ancien?

iTunes LPs
Parmi les nombreux articles que l'on peut trouver dans les revues de presse consacrés à l'industrie de la musique, celui paru dans le FT sur l'art perdu des pochettes d'albums a particulièrement retenu notre attention. Cet article rappelle oppportunément qu'il fut une époque ou les pochettes d'albums étaient -presque- aussi importantes que la musique que l'on y trouvait à l'intérieur. La disparition de cet art semble difficile à expliquer ; l'une des théories exprimée serait que le fait de ne plus pouvoir posséder d'objet physique aurait contribué à la perte d'intérêt pour les contenus musicaux. 

Ne faut-il pas également penser que le disque parvenait assez bien à caractériser le fait de posseder une "oeuvre", au sens d'une entité créative achevée? On avait 10 ou 12 titres -à l'époque d'assez bonne facture- et une belle pochette que l'on lisait tout en écoutant la musique... Qui nierait le plaisir que l'on y prenait? 
L'arrivé du CD a commencé à écorner ce mode d'écoute de la musique. L'oeuvre était déja à demi virtualisée et seule la musique comptait. Le mp3 a finalement achevé cette ère : il n'y avait désormais plus rien à lire, à regarder ou à manipuler. 

C'est sans doute fort de ce constat que Apple a lancé le LP sur Itunes. un fichier unique pour regrouper un ensemble de titres, complété d'un environnement graphique, plus ou moins interactif. 
Le LP n'est pas encore un succès total, mais il connaît un début de reconnaissance. Les peu de statistiques dont nous ayons eu vent sembleraient montrer que les consommateurs sont prêts à payer un petit premium pour bénéficier de cet environnement. Reste que proposer des quelques photos à regarder sur son ordinateur, ça n'a pas la même valeur qu'un album en carton que l'on tient de la main. 
Ce qui toutefois est intéressant, c'est la direction prise. consistant à renforcer l'environnement de l'artiste. Si le consommateur n'est plus prêt à payer pour des titres, donnons-lui plus que de la musique, serait, en grosse synthèse, l'orientation. Cela rejoint ce que nous avions il y a quelques temps évoqué dans ces lignes, ; l'idée de Mark Mullingam de Forrester Research, de créer un environnement riche autour de l'artiste et de son oeuvre. Ceci est d'ailleurs -à de multiples égards- à ranger dans la même veine que Guitar Hero et autres RockBand. Il est étonnant, à voir les succès de toutes ces initiatives, que le principe d'un format plus riche, et plus multimedia ne soit pas un thème de recherche beaucoup plus marqué par l'industrie de la musique. Mais avec Apple, il est vrai que l'innovation arrive toujours comme une surprise, sans compter sur le mystérieux format CMX, dont on ne sait que peu de choses. 


lundi 26 avril 2010

My Tailor is Rich and My music industry is not dead yet


plateau ou cuvette?  La presse anglo-saxone fait état -une fois n'est pas coutume- d'une information remarquée : le marché de la musique aurait cru de 1,4% sur l'ensemble de l'année 2009 chez nos amis Britanniques. 
L'information est effectivement assez intéressante, dans la mesure où le marché britannique est le plus important d'Europe. Egalement car c'est une première depuis six ans. La question qui taraude tous les analystes est bien de savoir s'il s'agit d'un palier ou d'un retournement. 
Pour tenter d'y répondre, il convient de prendre en compte les données de ce marché. le recul constaté sur 10 ans et un peu moins prononcé qu'en france  : en 2000, le marché aurait pesé 1,9Mds de livres contre 928,8 aujourd'hui. soit une baisse de 45%, tandis que le marché français aurait baissé de 66%. Ces chiffres ont cependant une valeur relative : il est difficile de savoir si on compare les mêmes choses et les effets de change -importants- ne sont pas pris en compte. 
Plusieurs analystes soulignent que la part du numérique s'est fortement accrue en 2009 passant à plus de 20% du total, (rattrapant et doublant ainsi la France, grace à une croissance de... 47% sur un an). C'est un chiffre qui est là légèrement supérieur à ce que l'on observe en France et qui reflète bien le très fort taux d'équipement en internet broadband (en gros 1/3 de plus qu'en France). Il est d'ailleurs remarquable que les anglais n'achètent pas significativement plus en ligne. Avec un taux de pénétration de l'Internet un peu inférieur à celui des états unis (mais une bande passante sensiblement supérieure), ils achètent deux fois moins en ligne. En revanche, ils continuent à consommer massivement des produits physiques, ce que ne font plus les américains, même si les chiffres sont là en baisse forte. 
Mais ce donc la presse anglaise se fait le plus l'écho, c'est l'émergence de nouveaux business models. Il est particulièrement regrettable que le détail de la ligne de revenu -£8,2 millions-que le BPI qualifie de "new businesses" ne soit pas détaillée. On sait seulement que Spotify en fait partie, au même titre que de nombreuses start-up récemment lancée, à l'instar de Mflow, qui connait un grand succès en permettant une écoute gratuite à condition de recommander de la musique à ses amis. notons cependant que 8,2 millions de Livres ne représentent toujours que moins d'1% du total des revenus musicaux. 
En l'absence d'événement majeur, on peut craindre que l'arrêt de la décrue n'est la conséquence que de très bonnes ventes et qu'il ne s'agisse par conséquent que d'un plateau avant de reprendre la même direction (la baisse). Le Digital Economy Act (le Hadopi local) n'est pas encore en vigueur et la croissance du digital -même si elle reste vigoureuse est tout à fait insuffisante à expliquer quoi que ce soit. Il n'en est pas moins vrai que le seuil d'elasticité pourrait être bientôt atteint. De surcroît, le vote prochain du Digital Economy Act pourrait transformer ce plateau en fond de cuvette. 





samedi 24 avril 2010

mxp4... Suite (quelques petits détails sur les levées de fonds)

Merci à tous ceux -vraiment nombreux- qui nous ont félicité et fait part de leurs voeux de succès à l'occasion de cette levée de fonds. Quelques questions reviennent avec répétition -en complément de celles déjà traitées dans le post précédent- et en voici les réponses : 
- Il nous a fallu environ 6 mois pour structurer cette levée. C'est un délai plutôt standard, entre les discussions préliminaires, la négociation des termes et la rédaction de la documentation. Il est très difficile de faire une levée en dessous de 3 mois (quoique beaucoup en disent) et pas extravagant d'y laisser un an. 
- non, nous n'avons pas choisi d'interroger l'ensemble des acteurs du capital risque, mais plutôt de partir avec des gens que nous connaissions bien, et surtout -surtout- qui comprennent ce que l'on veut faire. C'est ce constat qui nous a convaincu qu'il était inutile d'aller courir toutes les firmes de capital-risque. A cet égard, le constat général c'est que les entrepreneurs gèrent leurs priorités en privilégiant d'abord la valorisation de leur société, puis les termes du pacte d'actionnaire et enfin la qualité de ou des investisseurs qui vont être au board de la société. Il nous semble que l'exact contraire est préférable : privilégier les hommes, puis les termes du pacte et enfin, la valorisation... Un vrai conseil pour ceux qui vont lever des fonds... 
- non (encore une fois), le marché du venture n'est pas pour autant franchement réouvert. toutes les sociétés qui cherchent de l'argent en ce moment constatent que c'est dûr. Votre serviteur a tendance à penser que c'est presque aussi dûr qu'en 2002, annus horribilis s'il en est dans le capital risque. Il est vrai que le nombre d'entrepreneurs s'est accru et que les investisseurs ont désormais le choix entre de nombreux dossiers, rendant l'aventure d'une levée de fond un peu plus compétitive. 
Nous avions mentionné la liste des conseils de la société, mais face à un nombre assez curieux de requêtes à ce propos, voici quelques précisions à cet égard : 
- Tanguy Nicolet (avocat de chez Bouhénic & Baudin) ; il a rédigé l'ensemble de la documentation avec le premier avocat cité ci-après. 
- Frank Chuffard, notre directeur financier, il a préparé toute la documentation financière et structuré la "data-room". 
Chez les investisseurs : 
- Frédéric Cazals, (avocat de chez Weil Gotshal et Manges)
- Pierre Louis Perin (avocat chez SG Berwin)
Il est à noter que les trois avocats cité ci-avant sont tous trois des grands familiers de ce type d'opération sur la place de Paris. 
- Il y a effectivement eu un audit technique, fait un proche de Orkos Capital, qui est également un familier du dossier. 

Enfin, pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet, nous ne pouvons que leurs recommander d'acheter le Challenges de cette semaine, avec un bon dossier sur les business-angels. 


Merci encore pour vos encouragements et au boulot. 

jeudi 22 avril 2010

mxp4 lève 3M d'€uros avec Orkos Capital... Explications de Albin Serviant, son CEO




Mxp4 vient de lever 3 millions d'euros... Qui est ce nouveau fond Orkos Capital?
Ce ne sont pas vraiment des nouveaux venus sur la place! Notamment dans le secteur de la musique!
Orkos Capital est une société de gestion de Private Equity créée en 2006. Les membres de l’équipe d’Orkos Capital, associés depuis le début des années 90 ont lancé la famille de fonds ETMF orientée vers les télécommunications et les médias. Le FCPR ETMF III est un fonds de venture late stage et de capital développement qui investit aujourd’hui dans des entreprises européennes du secteur des technologies et services de communications. Depuis 1990, ils ont investi plus de 300M€ avec leurs différents fonds (ETMF I, ETMF II et ETMF III), dans 35 sociétés de 9 nationalités dont Allociné, Bouygues Telecom, Cogent Communications, ONO et SES Astra, (soit  plus de 30 000 salariés).
Orkos Capital fût un des heureux investisseurs dans l'aventure Musiwave, vendue à Openwave en 2007 pour 120m€ et revenue par la suite à Microsoft. 
j'étais l'époque directeur Marketing de Musiwave, je me souviens d'un actionnaire plutôt exigeant et pas mal intéressé par la chose marketing... 
Par ailleurs, il me semble qu'Orkos a plutôt la réputation d'un actionnaire "disruptif" c'est à dire qui aime parier dans des environnements contre-cycliques... Ils viennent d'investir dans Musicall, une société de Ringback-tones. Pour différentes raisons, c'est un produit qui est largement déconsidéré par les opérateurs et les investisseurs, car "ça n'avait pas marché en Europe"(c'est un must en Corée et au Japon) et bien eux, ont fait l'analyse de cet échec, et en ont conclu que ce n'était pas structurel. On va leur permettre de continuer dans cette voie ! 

Ca fait beaucoup d'argent ! Qu'est ce que vous allez en faire ?
Les placer dès demain! Un "sou est un sou" comme disait mon grand père et la gestion du cash est prioritaire en ce moment. L'année 2009 nous a permis de valider un certain nombre d'hypothèses avec une structure de coût très réduite. Les premiers revenus ont été enregistrés début 2010, mais nous souhaitons avant tout travailler sur le long terme (la roadmap produit et le développement commercial aux Etats Unis), plutôt que de courir après des opportunités de revenu court-terme, non stratégiques.
L'enjeu est le suivant. Qu'apprendre du monde des jeux vidéos ou encore de l'industrie du cinéma?. Le secteur a vécu une crise similaire à celle de la musique il y a 10/15 ans. Toute la chaîne de valeur s'est employée à réinventer l'expérience utilisateur (WII, World Of War Craft, Guitar Hero, DS 3D maitenant ...); idem pour le cinéma qui s'en sort relativement bien avec d'énormes investissements sur la qualité des salles, le numérique, la qualité du son (THX, 5.1) et maintenant la 3D.
L'ambition de MXP4 est d'aider à apporter la même révolution l'expérience musicale que la 3D apporte au cinéma traditionnel.

Des recrutements? 
On cherche des gens qui sont très forts dans le domaine des interfaces. Après tout ce que l'on veut faire, c'est permettre aux gens de s'emparer de la musique... Ceux qui pensent avoir un vrai talent dans ce domaine sont vivement invités à nous passer quelques exemples de ce qu'ils font... 
On cherche également des bons développeurs, Flash, Java script, C++... des gens passionnés également. 
Par ailleurs, on est toujours à la recherche de gens qui veulent faire des stages, issues de grandes écoles d'ingénieurs ou de commerce. Avis aux intéressés, dans la culture maison, c'est une bonne voie pour être finalement recruté. 

Pourquoi faut il faire un effort de r&d si important pour développer des technologies de mixages qui finalement existent sous différentes formes ailleurs?
Je ne pense pas que ces technologies existent ailleurs. Notre approche est techniquement unique. D'ailleurs, nous attachons une importante très importante à la politique IP avec actuellement 3 brevets déposés, et plusieurs en phase de préparation et dépôt dans le monde. Notre vision sur le projet MXP4 a évolué : d'un play purement technologique autour d'un format interactif, nous avons évolué vers un play plateforme B2B en marque blanche pour différents acteurs de la chaîne de valeur (marques, agences de publicité en ligne, portail media, portails musicaux, agence marketing musical, dévelopeur d'applications mobiles, majors, indépendants, labels digitaux, plateforme de distribution en téléchargement ou streaming ... L'investissement R&D va porter sur de nouveaux brevets pour enrichir notre vision sur le futur de la musique interactive. Plusieurs recrutements sont finalisés au niveau R&D, CTO, Marketing produit avec notamment des ex Last FM.
Les axes de travail sont simples:
- des nouvelles solutions en marque blanche pour permettre au grand public de "not only play but play with their preferred music" (difficile à traduire en français),
- des nouveaux outils simplifiés 100% en ligne pour la grande masse des musiciens en mode home studio,
- la mise à disposition d'API pour la communauté des développeurs.
... Inutile de préciser que nous regardons de près les opportunités d'intégration au niveau des réseaux sociaux. 2 tests effectués depuis le début de l'année ont démontré des croissantes sidérantes de trafic.

Vous voulez aller à l'international. N'est-ce pas un peu prématuré pour une start-up qui commence tout juste à disposer d'un produit mature?
C'est crucial. Plus précisément, nous nous concentrons sur les US et l'Angleterre depuis 9 mois.
50% des effectifs sont américains ou anglais, tous basés en France (ah les françaises! ...), mais prêt à voyager régulièrement aux US pour travailler leur réseaux. Les principaux accords signés dès 2009 ont été signés directement aux US. Les équipes de développement sont françaises et basées à Paris.

Quelle est l'ambition exacte de mxp4? 
Devenir la plateforme leader des solutions de musique interactive.

Quels sont les objectifs pour les deux années à venir?
1ère priorité: 
L'expérience utilisateur, le produit, le produit, le produit ... avec un investissement particulier sur une stratégie multi-device : ordinateur, mobile, tablettes, TV connectée, ...
2ème priorité:
Démontrer notre capacité à aider les acteurs de la chaîne musicale à monétiser leurs contenus. Cela passe encore une fois par l'expérience utilisateur. Nous avons réussi à démontrer en l'espace de quelques mois que l'interactivité permet de générer une écoute active de la musique (9 minutes en moyenne avec des consommateurs en écoute active devant leur écran) et une diffusion optimisée avec une viralité très importante (75% du trafic vient de la viralité après 15 jours de mise en ligne.

Merci Albin ! 
Ci-après le communiqué de presse, mais avant quelques remerciements à Frédéric Cazals (avocat des fonds d'investissement Cabinet Weil Gotshal et Manges), Dominique Rencurel & Jean-Jacques Bertrand (partners chez Orkos), Claire Houry (partner chez Ventech) Philippe Ulrich (associé fondateur), Tanguy Nicolet ([très bon] avocat de mxp4, Bouhénic Baudin & Associés), Eric Bachelier (Commissaire aux comptes de mxp4), Jean-Claude Martinez, (venture partner chez Sofinnova). Merci également à nos premiers business angels Bernard Spitz et Pascal Mercier. 







MXP4 lève 3 millions d'euros
pour accélérer sa stratégie de développement  

Paris, 22 avril 2010. MXP4,  leader du développement de solutions de musique interactive, annonce aujourd'hui un tour de table de 3 millions d'euros mené par Orkos Capital et incluant les investisseurs historiques Sofinnova Partners et Ventech Partners.
Ce financement reflète le succès de la nouvelle stratégie de développement mise en place depuis plus d’un an, qui vise à déployer les solutions MXP4 en mode B2B auprès des différents acteurs de l’industrie musical (Marques, Agences de publicité, Portails Media, Labels, Artistes & Managers, Développeurs d’applications mobiles, etc.),  avec un effort particulier porté sur la simplicité des interfaces utilisateurs.

Au cours de l'année passée, plus de 100 artistes prestigieux, tels que David Guetta, Michael Jackson, Lily Allen, Pet Shop Boys, Ben Harper, Britney Spears,... ainsi que d'importantes sociétés comme Air France Music et Coca-Cola ont utilisé les applications web et mobile conçues par MXP4 afin de stimuler l'engagement de leurs  fans, la viralité de leurs opérations et le recrutement au sein de leurs communautés.
Grâce aux données récentes recueillies via l'utilisation de sa technologie, MXP4 a démontré que les fans jouent avec les applications de musique interactive plus de 9.1 minutes en moyenne. Ils utilisent également ces applications de manière intensive et virale générant 75% de trafic avec un taux de transformation en achat allant jusqu’à plus de 3% dans certains cas.


MXP4 est dirigée par une équipe de premier plan issue de l'industrie musicale et des média digitaux.
Albin Serviant, PDG de MXP4, a précédemment été à la direction générale de Vivendi Mobile Entertainment et a également contribué à de nombreux succès marketing & commerciaux tels que Musiwave (racheté par Microsoft), iBazar Groupe (racheté par eBay), Sony Music et Pepsi Co.
Gilles Babinet, Membre du Conseil de MXP4, a quant à  lui fondé entre autre Musiwave et occupe à présent le poste de président du conseil d'administration. Enfin, JF Cecillon, ancien PDG d'EMI Music International et actuellement Vice Chairman de The Really Useful Group Holdings à Londres  fait également parti du conseil d'administration.


Mxp4 apporte la 3D à l'expérience musicale . En réinventant la manière d’écouter la musique, MXP4 démontre que la musique interactive est une nouvelle opportunité de revenus pour l'industrie musicale, les média et les annonceurs” a commenté Albin Serviant, CEO de MXP4.
Gilles Babinet, Président du Conseil, a ajouté : “La valeur perçue de la musique est en déclin et la musique interactive a la capacité d'accroitre l'expérience musicale dans son ensemble”.

Les solutions MXP4 réinventent et enrichissent l'expérience des albums et des singles d'autrefois en permettant aux fans d'interagir avec les chansons et de jouer avec la musique.  Avec des fichiers musicaux MXP4, les fans peuvent réaliser leurs propres remix de chansons, découvrir dynamiquement les paroles et les notes des titres, chanter et interpréter leur propre version, s’enregistrer, explorer les morceaux pour écouter les différents instruments ou bien savourer une nouvelle génération de Maxi Singles digitaux, différents à chaque écoute.

A propos de MXP4
MXP4 développe des solutions de musique interactive qui font évoluer l'expérience musicale des consommateurs en leur permettant de jouer avec la musique. MXP4 offre une expérience de musique numérique interactive permettant à l'industrie musicale d’explorer de nouvelles opportunités commerciales et de développer des relations plus étroites entre artistes et fans. Basée à Paris, la société a été fondée en 2006 par Gilles Babinet, Sylvain Huet et Philippe Ulrich sous la direction d’Albin Serviant, ancien DG de Vivendi Mobile Entertainment et CMO de Musiwave. Le conseil d’administration de la société est composé de JF Cecillon (ex-PDG d’EMI Music et actuellement Vice Chairman de « The Really Useful Group Holdings » In London). La société est  maintenant financée par Orkos Capital (www.orkoscapital.com), Sofinnova Partners (www.sofinnova.fr) et Ventech Partners (www.ventech.fr).
Pour plus d’informations, merci de vous rendre sur le site web de MXP4 : http://www.mxp4.com.
Vous pouvez également suivre l’actualité de MXP4 sur http://www.twitter.com/TheRemixCulture

A propos d’Orkos Capital
Orkos Capital est une société de gestion de Private Equity créée en 2006. Les membres de l’équipe d’Orkos Capital, associés depuis le début des années 90 ont lancé la famille de fonds ETMF orientée vers les télécommunications et les médias. Le FCPR ETMF III est un fonds de venture late stage et de capital développement qui investit aujourd’hui dans des entreprises européennes du secteur des technologies et services de communications. Depuis 1990, plus de 300M€ auront été investis à travers les fonds ETMF I, ETMF II et ETMF III, dans 35 sociétés de 9 nationalités dont Allociné, Musiwave, Bouygues Telecom, Cogent Communications, ONO et SES Astra, regroupant plus de 30 000 salariés.
Pour plus d’information : www.orkoscapital.com.

A propos de Ventech Partners
Ventech est une société de Venture Capital qui depuis plus de dix ans investit dans des sociétés en création ou récentes dans les secteurs des Technologies de l’Information (logiciel, hardware & communications, Internet, Media & Mobile) et des Sciences de la Vie, principalement en France et dans les autres pays européens. Avec 365 M€ sous gestion, la mission de Ventech est d’accompagner les projets ambitieux qui feront des entreprises leaders, le plus souvent avec une reconnaissance internationale.
Ventech est également présent en Chine en partenariat avec une équipe locale, CMHJ (China Merchant Hidden Jade), pour contribuer au développement des sociétés européennes de son portefeuille en Asie et également pour investir via un fond dédié.
Pour plus d’informations : www.ventechvc.com

A propos de Sofinnova Partners
Sofinnova Partners est une société de capital-risque indépendante basée à Paris. Depuis ses débuts il y a plus de 35ans, la société a financé près de 500 sociétés en amorçage, post-création, spin-offs et opérations de retournement. Elle a accompagné les plus grands entrepreneurs européens dans le domaine de la technologie, des sciences de la vie et du cleantech. Avec 1,1 milliard d'euros sous gestion, l'équipe de Sofinnova, reconnue pour sa capacité à aider et à soutenir les entreprises de son portefeuille de la création à la sortie, a permis l'émergence de leaders sur leurs marchés, qu’il s’agisse d’investissements historiques comme Genentech, Actelion ou Vistaprint ou de grands succès plus récents comme CoreValve, Fovea, Novexel ou Sensitive Object. Tournée vers l’international, la société investit à travers l’Europe à partir de son bureau parisien, et sa société sœur Sofinnova Ventures se situe à San Francisco.
Pour de plus amples informations sur l'équipe de Sofinnova et sur son portefeuille : http://www.sofinnova.fr











Contact Presse
Gildas Piquet-Friboulet - gildas.piquet@mxp4.com - MXP4 - Tél. : 0619935832