lundi 7 septembre 2009

Creation et Internet (ii) tempête dans un dé à coudre

Pas mal de réactions indirectes (des mails surtout) suite à au précédent billet concernant la commission Création et Internet. J'ignorais que les sujets politiques déclenchaient tant de passion.
Quelques justes remarques ; je me suis effectivement trompé dans mon calcul de CPM d'un facteur 10 ; Merci Rémi. Cela éloigne d'autant la possibilité de financer la musique avec de la publicité et n'en rend que plus nécessaire de trouver d'autres sources de revenues.
On m'objecte le conflit d'intérêt "évident" du fait que Patrick Zelnick est le producteur de Carla Bruni. Sans vouloir nécessairement prendre sa défense, j'aimerai bien qu'on m'explique où est le conflit d'intérêt. Est ce qu'il y a quelqu'un pour penser que s'il n'était pas le producteur de la femme du Président, il ferait des recommandations différentes? Va t'il suggére que l'on donne des coups de bâtons aux pirates, certain que la mesure sera d'avance acceptée? Ou est ce qu'on aurait du laisser ce rôle à Pascal Nègre ou à Thierry Chassagne? J'avoue rester un peu dubitatif, toute explication reste bienvenue.
Un mail de Jean-Paul... sur la répression impitoyable qui va encore s'abattre sur les Internautes: là encore, je tombe un peu de ma chaise. D'une part je n'ai pas même évoqué Adopi dans ce court billet, et d'autres part, je ne vois pas en quoi le fait de faire payer la musique est contraire aux libertés fondamentales...
Pour le reste, il est vrai qu'il y a de très nombreux sujets à traiter mais ayant quelques occupations, à coté de la rédaction de ce blog, j'avoue que je ne m'y pencherai qu'à l'occasion !

Ps: je l'avais dit je le ferai, un papier sur l'aspect création de l'internet, demain !

Et hop : la mission création et internet (i)

Ca y est, c'est fait : Frédéric Mitterrand vient de nommer Patrick Zelnick patron d'une commission principalement chargée de trouver de nouveaux modèles économiques pour les contenus.
L'idée subliminale a sans doute été de prendre l'un des plus durement touchés par la dématérialisation de la musique pour l'inviter à se creuser les méninges afin de sauver son business et celui de ses confrères...
J'aime bien Patrick, qui est sympathique et qui a toujours plein d'anecdotes à raconter sur les artistes mais j'avoue me demander s'il ne va pas trouver sa mission un peu laborieuse. Pour éviter cet écueil concernant le sujet qu'il connait -la musique-,  il faudrait tout au moins qu'il crée rapidement un groupe de travail assez large, impliquant surtout le monde de l'Internet, plus à même de comprendre les modèles de monétisation, que ne le sont les acteurs de l'industrie "traditionnelle" des contenus.
les points durs sont multiples, mais à mon sens, celui des modèles économiques est central et peut se résumer ainsi :
a) les consommateurs ne veulent pas payer, ou presque pas pour des contenus de type mp4,
b) ces mêmes consommateurs n'ont jamais écouté autant de musique tant celle-ci est facile d'accès : une étude américaine vient de démontrer que dans chaque foyer américain, il y avait en moyenne... 21 différents appareils qui peuvent produire de la musique ; dont une majorité de lecteurs mp3 !
c) la publicité NE PEUT PAS, dans les modèles actuels, financer la musique (et ceux qui prétendent le contraire sont malheureusement souvent de mauvaise foi). Avec un CPM à 0,80 euros (1), il faut 15 pages vues pour financer un titre écouté en streaming et encore, je pense que les prix actuels sont très en deça de ce qu'ils devraient être pour financer l'industrie de la musique.
arg !
Il existe quelques solutions. Comme je l'exprimais récemment, en faisant payer environ 4 euros par mois et par foyer pour une offre totale (c'est à dire 10 millions de titres en catalogue au moins, une qualité hifi, une ergonomie top), si 50% des foyers français s'y abonnaient, on doublerait le marché de la musique tel qu'il était en 2000...
Une autre option, encore plus pertinente selon mois consiste à développer de façon très significative la CRM, c'est à dire la maitrise de ce qui intéresse le consommateur. La connaissance client serait telle qu'on pourrait multiplier largement par plus de 15 le -bientôt feu- CPM.
Les marques ont en effet des poches profondes : le marché de la publicité pèse 3000 Mds de dollars dans le monde ; celui de la musique en pèse à peine 24... Ya moyen de s'entendre non?
Alors au boulot !

PS: pour ceux que ce sujet passionne, et je suis sûr qu'ils se comptent en millions, j'ai aussi co-écrit sur le sujet un petit papier avec mon vieux compère Christophe Waignier.
et pour les fondus compulsifs, il y a aussi un autre papier de mon ami P. Giraudie...

(1), le CPM correspond à la valeur que vaut l'affichage effectif de 1000 fois une bannière de publicité donné sur le web. Le CPM moyen était estimé à 0,77 euros en Sept 2009.
(2) prochain papier sur la création sur internet. 

samedi 5 septembre 2009

Michael Jackson vs Black Kent

A l'annonce de la mort de Michael Jackson, j'avais un peu rapidement déclaré qu'on verrait certainement très vite un album "tribute to", de reprises de ses chansons et autres formes d'hommages. On m'a alors justement fait remarquer que Michael Jackson était l'un des artistes les moins repris... Une des rares raison de se plaindre (tout est relatif) pour sa maison de publishing.
Partant du fait qu'il existe plus de 8000 reprises de Yesterday des Beatles (Ray Charles, Nina Simone, etc.), on peut être surpris de constater qu'on est bien incapable de nommer cinq reprises de n'importe lequel de ses titres (exception faite, peut être, de "We Are The World") !
Le fait est que M. Jackson est un artiste si complet, à la sonorité si particulière, qu'il est pratiquement inimitable ; demandez aux musiciens que vous connaissez, ils vous le confirmeront, sans faille.
Black Kent - Tha Black Carter III (2009)Depuis sa mort, on trouve bien des vidéos de groupes qui se sont essayé à la performance... Généralement des initiatives hors champs commercial, et jamais françaises... Les titres lui étant dédiés, même sans être de lui, ne sont pas légions non plus...
Il existe bien une exception ; il s'agit de notre Black Kent national ! Son hommage a déjà été largement remarqué ; écoutez les paroles c'est très largement au dessus des fadaises qu'on entend trop souvent dans ce genre d'exercice.

Thanks to Britney !

A l'occasion d'une intervention récente, j'ai été amené à évoquer l'histoire d'une INVENTION. La plus emblématique à mes yeux est celle de la sonnerie hifi, inventée par Musiwave, en 2002. A l'époque, tout le monde utilisait les sonneries polyphoniques, sorte d'ersatz de bontempi symphonique. Au sein de Musiwave, nous cherchions le moyen de disposer d'un format permettant d'utiliser les catalogues des maisons de disque sur les téléphones mobiles, raison d'être de la société. L'idée s'est finalement imposé que l'on pouvait faire une boucle de quelques secondes à partir d'un vrai enregistrement et l'utiliser comme sonnerie. Ce qui est amusant c'est qu'au départ, les grandes majors ont refusé de nous licencier leurs catalogues pour ces nouveaux types de sonneries... Je me souviens qu'un de leurs responsable nous a expliqué avoir mieux à faire avec les plateformes pressplay et musicnet... Et c'est finalement Zomba Music, à l'époque indépendant, qui nous a licencié ni plus ni moins qu'une partie des titres de Britney Spears, à l'époque au top  des charts. Le premier téléphone compatible a été un Sagem, avec qui nous avions décroché un partenariat par l'entremise de notre directeur technique, un ancien de Sagem. Coté opérateur, c'est Telefonica, en Espagne, qui a commercialisé la première offre de sonneries hifi (les Musitones) avec un lot initial de 20,000 mobiles. Au bout de quelques semaines, il semblait manifeste que nous avions trouvé une martingale ; plus 17,000 téléphones avaient déja téléchargé au moins une sonneries. L'année qui suivait, la société faisait 6,7millions d'euros de chiffres pour un budget initial de 3,8millions d'euros ; principalement grace à ces nouvelles sonneries. 

jeudi 3 septembre 2009

Black Kent

Photo de BlackkentofficielCa fait un peu de temps que ça devait se faire, mais Sawnd n'est pas mécontent d'annoncer la signature de Black Kent.
Black Kent est un petit prodige du rap français
Je vous laisse le découvrir sur Myspace et le site de Skyrock.
Les videos parlent d'elles même.

Black Kent travaille actuellement sur son clip « Pass That », tourné depuis la terrasse du journal Libération ; un double album (un en anglais, un en français) « Yes I Kent » est également à prévoir pour le mois de novembre.
Le phénomène Black Kent ne laisse d'ailleurs pas les médias indifférents ; parmi d'autres, TraceTV devrait prochainement diffuser une émission qui lui sera consacrée... 
D'autres news à ce sujet prochainement.

mardi 1 septembre 2009

Bouh!

La rentrée c'est pas facile... L'ambiance au sein du management des grands groupes de medias français n'est pas au top.
J'ai ainsi appris que Lagardère cherche un modèle économique qui lui permette de mieux traverser les périodes de crises, du coté de Universal, petites inquiétudes sur le fait que les revenus de la musique continuent à descendre, que SFR va être concurrencé par Free et que Canal+ soit dans un environnement de plus en plus concurrentiel.
Je ne parle pas des petits indépendants de la musique, qui sont parfois 20% en dessous de leurs prévisions...
Ce qui m'étonne toujours, c'est que on leur dit toute l'année qu'il y a des tas de choses à faire, et ils restent là assis, les bras croisés.
Il existe des contre exemples, mais ils sont rares, à l'instar de Publicis qui, à force de rachat, fait à présent 30% de son chiffre d'affaire dans les news media !
C'est pas facile d'être innovant quand on est gros...

mardi 25 août 2009

Quand je dis que mxp4 bénéficie d'un vrai momentum, je crois que cela devient difficile à contester... D'une part, il y a plein d'annonces de nouveaux formats de fichiers (il est vrai que le premier brevet du mp3 a été déposé... il y a 21 ans !), Cocktail (Apple) CMX (les majors)... et par ailleurs la techno a été totalement repensé et est à présent accessible à tous.
En conséquence, on a eu ce soir un très bon papier dans... Wired. Ca faisait longtemps qu'on espérait ça. C'est chose faite maintenant.
Chose amusante, pour autant que je m'en souvienne, ça doit faire environ 4 ou 5 ans que l'on a plus autant parlé de technologies et de .com musicaux. Il est vrai que le secteur n'a pas connu que des succès.
A titre d'exemple, voici une liste -très alléatoire- de quelques unes des starts-ups qui ont traversé ces dix années passées : mp3.com, emuse, e-music, Musicnet, pressplay, vitaminic, Jamendo buttonoog, Musiwave, bongiurno, francemp3, deezer, Ilike,  Pandora, Slacker, Napster, rapsody, Djnet, Myspace, MymajorCompany, Digiplug, Deezer, Spotify, LastFM... Dans cette petite liste, 3 ont été vendues plus de 100M de $, (Ilike est en train d'être vendue à Myspace pour un prix non disclosé) dix sont dans un statut indépendant, incertain ou vendues dans des conditions inconnues et 7 ont disparus !

Pep's - la fête continue...

Je deviens fatiguant avec mxp4, mais ça m'amuse trop...
cette fois ci c'est peps...

mardi 18 août 2009

Streaming music : le statut.

Il y a deux trois ans, Dezzer a fait son apparition, aux cotés de nombreuses autres plateformes -les plus célèbres étant Spotify et LastFM-. Deux questions se posent alors : (i) est ce que le streaming va remplacer la musique que l'on possède (vinyls, mp3...) et (ii) le modèle gratuit a t-il un avenir?

On me pose régulièrement ces questions et je pense que je commence à y voir un peu plus clair...

En ce qui concerne la première question, il me semble que c'est inéluctable : le streaming a de nombreux avantages. Pas de risque de perdre ses contenus, catalogue illimité, accessibilité de n'importe quel ordinateur, possibilité de partage accrue, etc. Les quelques défauts, en premier lieu la transportabilité devraient rapidement être gommés par l'arrivée massive de ces solutions sur les mobiles.
En ce qui concerne le modèle économique, je suis largement convaincu que le modèle publicitaire va disparaitre à brève échéance (mon hypothèse perso est moins de deux ans) : la raison en est que les rétributions des ayants droits sont ridiculeusement faibles et l'existence des plateformes de streaming ne sont possibles que parce qu'elle sont largement subventionnées par les fonds de capital risque (au demeurant sympathiques).
Reste qu'il est très difficile de faire payer les internautes les prix que le souhaiteraient les maisons de disque... 9,99 euros par mois me semble totalement hors de prix pour Spotify. Je situerais au doigt mouillé le prix psychologique autour de 3,99 ou 4,99 euros par mois et je suis prêt à parier qu'avant un an des offres apparaîtront à ce tarif. Je sais, si vous faites partie d'une major, c'est dur à avaler.
Je suis convaincu qu'à ces prix, avec des offres performantes, il est possible d'atteindre un très vaste public.
En France, si 50% des foyers français étaient abonnés, ce qui ne me semble pas aberrant, le marché de la musique croîtrait de... 60%, à minima !
Une alternative à laquelle je crois beaucoup est le sponsoring des services de musique par les marques. les consommateurs répondraient à des quizz sur la marque, en échange de quoi ils accéderaient à un mois de musique gratuite par exemple. C'est sur ce principe que j'ai co-fondé digicompanion...
Reste que l'ensemble des services, Spotify inclu, n'offrent pas l'ergonomie indispensable à mon sens.
Sur ce dernier, il n'y a pas de bonne radio interactive, ni possibilité d'importer ses playlists de Itunes, ni encore de générateur de similarité. Deezer, longtemps en avance, se perd un peu dans des fonctionnalités contre-intuitives et la qualité du son est vraiment pauvre. On me dit que les ados s'y font très bien, mais ceux que j'ai interrogé m'ont paru plus exigeants. Quand à LastFM, il est largement trop compliqué pour les néophytes...
Il reste du travail sur tous les plans, mais à n'en pas douter, nous approchons d'un paysage plus unifié et rétributif pour l'industrie. Pour ma part, c'est le feuilleton à suivre sur les deux années à venir.

dimanche 9 août 2009

mxp4, ou en est-on?

Remixez des succès de Michael Jackson en MXP4

J'en ai souvent parlé en restant évasif... voici à présent quelques infos sur mxp4...
Depuis 8 mois, il y a un nouveau patron, Albin Serviant. il est vrai que Philippe Ulrich et moi même avions fondé cette société il y a bientôt 3 ans et que les résultats tardaient à se matérialiser...  C'est à présent presque un déluge de bonne nouvelles pour mxp4.
La première bonne nouvelle est que le projet est à présent visible, sous forme de produits clairement commercialisables.
Mais plus fort encore est la signature avec Mowtown, pour l'exploitation d'une partie du catalogue de Michael Jackson.

Je vous laisse vous amuser avec... mais ça n'est qu'un début !


http://mxp4.com/play-with-it/michaeljackson/

jeudi 2 juillet 2009

The Jivers

PINNAWELA/CESAR'S SALAD/THE SNIP/THE JIVERS/THE BOOGOOS - Jazz & Milk Breaks 3 (Front Cover)En attendant la sortie en téléchargement dont je vous informerai, veuillez trouver ci-joint en vente le premier titre en vinyle de The Jivers, duo formé de Fred Spider et moi même, sur la compilation Jazz & Milk Breaks 3

http://www.juno.co.uk/products/Jazz-Milk-Breaks-3/358920-01/


Pascal Guiraudie aka Don Pascal for The Jivers

mercredi 3 juin 2009

En ce moment, les groupes aiment donner la parole à leur public (voir l’article sur Indochine du 21 mars dernier). Mais d’habitude c’est pour réaliser un clip, une pochette, etc. Là c’est carrément la musique du groupe Passion Pit que les fans peuvent remixer à leur sauce.